Les déviations chez l'enfant

 

Selon Maria Montessori, les enfants dont les besoins vitaux constructeurs n’ont pas été respectés en verront leur caractère altéré durablement par ce qu’elle appelle des "déviations". Elle explique que ces déviations se contractent pendant les toutes premières années de la vie, entre 0 et 3 ans.

"Aussi, un enfant peut-il présenter une accumulation de caractères qui ne sont pas les siens propres, mais le résultat des circonstances défavorables."

"On ne leur a pas donné la possibilité d’observer les objets qu’on leur enlevait des mains."

 Ces déviations du caractère se manifestent par de violents accès de rage, des mouvements volontaires désordonnés, une inconstance dans les actes, des difficultés à fixer l’attention, de la timidité, de la paresse. Au contraire, les enfants dits "normaux" (qui ont suivi le cours naturel de leur développement), se concentrent facilement et durablement, aiment travailler, sont disciplinés et sociables.

Maria Montessori insiste donc sur l’importance de repérer ces déviations du caractère à l’âge de 3 ans, au moment où leurs manifestations sont encore faibles et facilement corrigibles. Elle raconte que dans ses écoles, ces défauts chez les enfants disparurent de manière spectaculaire, du fait que leurs esprits furent "nourris" ! Si les déviations ne sont pas corrigées, elles impacteront le caractère durablement, jusqu’à l’âge adulte. C’est ainsi que selon Maria Montessori, l’humanité tout entière n’est absolument pas à la hauteur de ce qu’elle devrait être, puisque l’homme, par son éducation non adaptée, n’exploite pas pleinement son potentiel psychique et intellectuel.

Dans ses ouvrages, Maria Montessori fait la distinction entre les troubles des enfants "forts" et ceux des enfants "faibles". Elle utilise le terme "déviation" car le développement naturel des enfants est "dévié" en raison d’obstacles présents dans l’environnement (qui comprend le milieu physique et les personnes qui entourent l’enfant).

Les déviations des enfants "forts"

"Une des principales caractéristiques (des enfants forts présentant des déviations), c’est la désobéissance, l’instinct de destruction, et aussi le désir de possession ; donc, égoïsme et envie (ce dernier défaut ne se manifeste pas passivement, mais par des tentatives de se rendre maître de ce qu’ont les autres enfants). Inconstance (…), incapacité d’attention ; difficulté à coordonner les mouvements des mains, si bien que les objets qui leur sont confiés tombent et se cassent ; esprit désordonné, forte imagination. Ils hurlent souvent, crient à tue-tête, et mènent un grand vacarme. Ils dérangent, tourmentent et, souvent, sont cruels avec les enfants plus faibles qu’eux et avec les animaux. La gloutonnerie est fréquente chez ce genre d’enfants » . Pour ce qui concerne la possession, les enfants forts se battent pour garder ce qui leur appartient. 

 

Les déviations des enfants "faibles"

Les déviations des enfants "faibles" sont décrites ainsi : "Indolence, et inertie ; ils pleurent pour obtenir quelque chose et essaient de faire travailler les autres à leur place ; ils ont besoin d’être amusés et s’ennuient facilement. Ils ont peur de tout, s’attachent aux adultes. Ce sont souvent des menteurs (forme passive de défense) ; ils volent (pour se rendre maître de ce qui appartient aux autres), etc." . Maria Montessori ajoute que les enfants faibles peuvent également refuser de manger, avoir un sommeil agité et certaines formes d’anémie et de troubles du foie. Pour ce qui est de la possession, les enfants soumis accumulent et cachent des objets.

 

Maria Montessori note que de nombreuses maladies ont des causes exclusivement psychiques. Une fois que l’on supprime l’obstacle, l’entrave, la santé revient. 

Les enfants de classe sociale élevée ont d’autres difficultés que ceux des classes sociales modestes : ils manifestent souvent un désintérêt pour le matériel, manquent de discipline, veulent faire comme les autres. Pourtant eux aussi finissent par s’intéresser aux activités qui leur sont accessibles. 

Dans L’esprit absorbant de l’enfant, on trouve une description de l’état de chaos chez les enfants. Celui-ci présente trois grandes caractéristiques :

1. Les mouvements volontaires désordonnés

2. La difficulté à fixer son attention sur des choses vraies (avec une fuite dans l’imaginaire)

3. La tendance à l’imitation (qui est normale chez des enfants de deux ans mais qui ne l’est plus ensuite car elle dénote un manque de construction de l’enfant)

L’imagination, qui est considérée comme positive par une majorité de personnes, est vue comme un "vagabondage" de l’esprit dans la pédagogie Montessori pour les enfants de moins de six ans. Dans la première maison des enfants, à San Lorenzo, des jouets étaient à la disposition des enfants mais ceux-ci les délaissaient car ils préféraient faire de vraies choses plutôt que de faire semblant.

Pour Maria Montessori, donner des jouets à un enfant, c’est "donner des objets à un esprit pour favoriser son vagabondage dans l’illusion" . Selon la pédagogie Montessori, toute activité qui n’a pas un but défini et intelligent n’est pas constructrice.

Quels sont donc les remèdes à ces déviations ?

Pour Maria Montessori, il ne s’agit pas d’essayer de corriger les défauts l’un après l’autre. Il faut également prendre garde à ne pas chercher à rectifier brusquement un enfant, sinon, il construit autour de lui une "barrière psychique" qui mène à un blocage. 
 

Par son observation, Maria Montessori a constaté que les enfants étaient transformés lorsqu’ils parvenaient à se concentrer, par la répétition d’activités ayant un but défini. Elle décrit ainsi l’état de concentration : "La main travaille, guidée par l’esprit » . « L’enfant qui se concentre est heureux par lui-même, inconscient de ses voisins et de son entourage" .

L’enfant concentré est investi dans son travail ; il a les pieds par terre, le dos droit et le buste ouvert. L’esprit concentré est apaisé. La répétition d’un travail manuel lui permet d’être dans un ici et maintenant.

La première fois que Maria Montessori a constaté ce processus, c’était lorsqu’une petite fille a répété plus de quarante fois de suite l’activité des encastrements cylindriques. Après avoir décidé elle-même d’arrêter, elle rayonnait de joie. 

Cela se vérifia par la suite chez bien d’autres enfants. Grâce à la concentration, "le désordonné devenait ordonné, le passif devenait actif, et le dérangeur devenait une aide dans l’école".

Après s’être concentrés sur un travail, les enfants observent les autres sans les gêner. Ils sont plus disponibles aux autres car ils ont été comme nourris par leur travail. "Les exaltés se calment ; les opprimés renaissent". Maria Montessori parle d’"enfant nouveau" car l’état de concentration transforme les enfants de l’intérieur.

L’une des premières maisons des enfants a accueilli des orphelins après un tremblement de terre, en Italie. Leur transformation, qui s’effectua petit à petit, fut qualifiée de "conversion" car de tristes et abattus qu’ils étaient, ils devinrent joyeux. 

Il y a donc de l’espoir concernant les troubles observés chez les enfants. Comme l’affirme Maria Montessori, "(l’enfant) n’est pas encore fixé dans ses déviations ; nos efforts ne seront pas vains". Mais cela demande de la persévérance. En cas de désordre dans la classe, les éducateurs inexpérimentés peuvent se demander si "l’enfant nouveau' est bien une réalité, mais Maria Montessori explique que la construction intérieure est un but, pas quelque chose de préexistant. Elle ajoute : "Si la discipline existait déjà, notre travail serait inutile ; l’enfant serait guidé par un instinct sûr qui lui permettrait de supplanter toutes les difficultés" . Les résultats de ces efforts seront "une forme de paix active".

Extraits de "L'enfant", 'L’esprit absorbant de l’enfant", "discipline et liberté" de Maria Montessori

En général, les déviations ont une cause bien précise, l'enfant a subi trop de contraintes a un moment ou son développement etait en pleine explosion, et ou il avait besoin d'une très grande liberté pour faire ses propres acquisitions.

Pour éviter les déviations avant qu'elles n'apparaissent, il y a 3 choses primordiales à faire:

1- laisser l'enfant libre c'est a dire, le laisser vouloir ce qu'il fait, le laisser libre dans sa motricité, le laisser libre dans ses choix d'entreprendre, le laisser libre dans ses apprentissages et dans ses expériences

2-ne pas le juger, même s'il fait des erreurs, on essaie de ne voir que le positif, l'erreur peut être vérifiée en auto-contrôle ou s'il nous sollicite

3-exprimer l'amour inconditionnel de ses parents, car l'enfant est un être d'amour

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