l’erreur est la clé de la réussite

Le système classique fait de l’erreur une obsession, il faut la faire disparaître à tout prix pour s’assurer qu’une leçon est acquise. Le principe repose sur l’idée qu’une règle doit être appliquée d’une certaine manière sans quoi on se trompe, puisque l’on n’a pas su procéder de la « bonne façon ». Le risque, au delà de la mauvaise note, est de se sentir mis à l’écart et d’être renvoyé à une permanente incapacité. Ce type de démarche est humiliant pour les élèves qui finissent par être si terrorisés et découragés par ce sentiment d’échec qu’ils préfèrent négliger leurs travaux ou ne pas même essayer avec en tête le célèbre refrain « de toute façon je suis nul ». D'autre part, cette démarche produit des individus stéréotypés destinés a manquer d'audace, et de créativité pour mener a bien un projet ou imaginer une solution nouvelle pour un problème, craignant le risque et des consommateurs de masse.

 

Le rapport Blackrock de 2014 parlait des français ainsi: "Les Français restent incertains quant à leur avenir financier et aux décisions d’investissement qu’ils prennent. Ils épargnent beaucoup mais la plupart du temps, privilégient les liquidités et les contrats en euros. Ils sont, de manière générale, très réfractaires au risque et se concentrent sur le court terme, leur priorité en matière d’épargne étant d’économiser pour pouvoir faire face aux imprévus. Dans ce contexte, très peu d’entre eux se considèrent comme des investisseurs et sont prêts à prendre des risques pour obtenir de meilleurs rendements."

 

Le fondateur d'Alibaba, Jack Ma, parlant de l'Europe lors d'une conférence a l’université de Nairobi (Kenya) en juillet 2017, expliquait que la raison pour laquelle il n'y a pas de grande société de e-commerce européenne vient du fait que les européens "font trop attention". Ces comportements inhibent la créativité en général. Dans la même conférence, Jack Ma confiait aux étudiants qu'il avait réussi a bâtir un empire grâce a l’étude des cas d’échecs plutôt que des cas de réussite.

Et pourtant… Des célèbres brouillons de Flaubert à la divine Tarte Tatin, n’y a t-il pas de singulières vertus dans le fait de se tromper ? C’est une des perspectives que notre école cherche à transmettre à nos élèves, et plutôt que la faute, ce sont les bénéfices et la richesse de l’erreur que nous tentons de souligner :

L’erreur est un moteur d’amélioration.

Il va de soi que l’évaluation est nécessaire, mais constater une erreur est une remarquable opportunité, quelque chose qu’il faut accueillir avec sérénité. Car c’est dans l’erreur que se fonde la capacité de réussite si tant est que l’on accepte de se corriger. L’erreur permet de solidifier ses acquis, de les comprendre, de savoir les apprivoiser, de ne pas agir au hasard, ou avec hésitation. L’erreur met en lumière une fragilité et permet de la consolider. Ainsi, dans la pédagogie Montessori, le matériel proposé aux enfants comporte toujours le contrôle de l’erreur. Dès lors, si l’enfant se trompe, il trouve seul son erreur et apprend à se corriger en restant autonome. Il comprend qu’il est naturel de se tromper et qu’il dispose en lui-même des outils pour progresser. Il est indispensable de conserver cette approche avec les plus grands. Ils sont leurs meilleurs correcteurs, l’éducatrice n’intervient qu’en support, pour des points précis et non pour les maintenir dans un état de faiblesse et d’incapacité. L’erreur est un cadeau, car si elle nous renvoie à nos difficultés, elle éveille aussi notre faculté d’amélioration.

L’erreur est un moteur de créativité.

Le critique littéraire Roland Barthes disait « La littérature, c’est la rature ». Flaubert argumentait que Madame Bovary devait son originalité à un ensemble de corrections et que le bon mot ne survenait que dans l’erreur. Dans l’histoire des arts, et dans celle de la littérature, la faute est souvent source de génie. Elle permet d’explorer d’autres formes, de faire des découvertes. Car, sans l’erreur, nous risquons de nous figer tandis que le monde continuera ses perpétuelles métamorphoses. Elle est un moteur d’évolution et d’adaptation dans la vie intime comme dans la société, et de nombreux créatifs, parmi les plus ingénieux, savent que même le monde des affaires appartient à ceux qui savent tirer profit de l’erreur. Le tout est de savoir accepter l’erreur tout en minimisant les risques connus et attendus. Il est essentiel que des élèves, au lieu d’être anéantis par un système dévastateur pour l’égo dans l’éducation classique, puissent se sentir valoriser par ce changement de regard chez les adultes.

Par tél :06 41 95 76 38

contact@montessorivincennes.com

166, rue Diderot 94300 Vincennes